Le concept de patch chez Anna Lawenhaupt Tsing, Le champignon du bout du monde

Autori

  • Patrick Cingolani Université Paris Cité 

Parole chiave:

Accumulation par captation, patch, précarité

Abstract

Avec le Champignon de la fin du monde A. Tsing a renouvelé l’anthropologie en ouvrant celle-ci sur un mécanisme économique international singulier. Elle suit un circuit économique au fil extrêmement ténu entre les Etats unis et le Japon ainsi que les traductions symboliques et financières qui soutiennent le passage d’une société à une autre, d’une collectivité à une autre. Depuis la collecte des champignons par des communautés vivant dans les forêts de l’Oregon, à la marge des normes comportementales de la société Etatsunienne, jusqu’à l’économie somptuaire des échanges de cadeaux en famille ou entre proches au Japon, le livre nous fait suivre le parcours d’un bien de luxe, le matsutake. Ce champignon appartient à la tradition culinaire et poétique du Japon. Il est apparu dès le VIIIe siècle dans des poèmes et des récits qui évoquent les senteurs automnales. A l’époque Edo, et dans la suite de l’histoire japonaise, le matsutake fait l’objet de cadeaux en raison non seulement de son goût mais de cette relation à l’automne ainsi qu’à la tonalité mélancolique de cette saison. C’est dans ce cadre qu’il entre dans les rites d’échanges qui traversent la société japonaise tant dans les relations professionnelles que familiales. Et c’est, pour le dire en bref, ce qui en fait l’objet d’un commerce original où, vendu aux enchères dans les forêts où on le cueille, emballé précautionneusement puis mis dans la soute d’un avion, il finit par rejoindre le sol japonais pour satisfaire cette économie somptuaire.

Biografia autore

Patrick Cingolani, Université Paris Cité 

Patrick Cingolani est Professeur émérite de sociologie au Laboratoire de changement social et politique, Institut Humanités, Sciences et Sociétés, Université Paris Cité 

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Pubblicato

2026-03-12

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